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Guiry en Vexin en 1900

Située dans le département de Seine-et-Oise, la commune de Guiry avait alors une population de 103 habitants. Son territoire avait une superficie de 609 hectares, morcelé en 1420 parcelles. La vie se déroulait paisible au rythme des saisons, sous la houlette du Maire, le Comte de Letourville, du Curé l'abbé Bonneau et du Maître d'Ecole Romain Branchu, en poste depuis 1876.

La population essentiellement agricole, vivait de la culture des céréales et des betteraves, de l’élevage des bovins et d’environ 300 moutons. Dans les prairies naturelles, l’on pouvait voir d’avril à octobre une soixantaine de boeufs à l’engrais et des troupeaux de vaches dont le lait servait à la confection d’un beurre réputé sur les marchés de Pontoise et Meulan. Les pommiers de la Garenne venaient d’être replantés et promettaient de futures belles récoltes pour fabriquer le cidre, principale boisson de nos campagnes. La volaille n’était élevée que pour l’usage domestique, seul le surplus d’oeufs était vendu au marché.

Les carrières, exploitées depuis des siècles étaient désafectées depuis une vingtaine d’années, les dernières pierres extraites avaient servi à la construction d’immeuble rue Truffaut à Paris. Mais les meilleurs bancs étant épuisés, on n’extrayait qu’une pierre médiocre, difficile à vendre et surtout à acheminer vers la ville, vu le mauvais état des chemins et des routes. Aussi le Comte de Letourville loua les carrières pour la culture des champignons.

Du fait de son isolement, le village de Guiry était resté dans un état stationnaire, mal desservi par un réseau de chemins défectueux ; le chemin du Tillet ne servait que pour accéder aux carrières et dans les champs, quant à la départementale 159, elle se terminait en chemin rural et l’on devait emprunter le chemin de Gouzangrez, aujourd’hui disparu pour rejoindre la Nationale 14. Cette dernière, presque entièrement pavée et bordée de pommiers était mal entretenue, au dire d’un contemporain qui trouvait que " le pavé est si usé et défectueux en sorte que le roulage est très pénible."

Très attachés à leur patrimoine, les habitants de Guiry avaient conservé jalousement les monuments qui font partie de leur histoire. L’église, à l’ombre de laquelle s’écoule la vie du village était entretenue avec soins. Restaurée en 1886, une autre campagne de travaux était projetée.

Le château, malgré un abandon prolongé au milieu du XIXe siècle, avait été restauré avec soin en 1876 par le Comte de Letourville, qui par sa présence et celle de sa famille avait rendu cette vieille demeure vivante.

Le calvaire qui domine la grande rue du village, édifié en 1855 par Jean Denise était toujours debout. Le jour de la Fête-Dieu il servait de reposoir pour la procession et les autres jours, ses marches servaient de banc pour s’assoir un instant et papoter avec ses voisins.

Plus de 100 ans ont passés. Le village de Guiry, toujours vivant avec une population nouvelle, fidèle à son passé, tout en se tournant vers l’avenir, lutte pour conserver son patrimoine et la qualité de vie qui fut la sienne pendant des siècles.

Texte de G. Mercie tiré du bulletin municipal de 1987 n°9


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